Après 2h30 de vol, bercée par les péripéties de Paasilinna et ses Prisonniers du Paradis,  j’emboite le pas des passagers dans les dédales de l’aéroport. Il est 23h environ quand j’embarque dans un Express Train vraiment confortable, cela dit à 170 Nok le trajet (soit 20 euros!), ils pourraient offrir le café et les spéculoos. Comparer le RER B parisien et l’Express train d’Oslo, c’est comme comparer la piscine municipale un mercredi après-midi avec un spa 3 étoiles le dimanche soir…

En gare d’Oslo, il me reste 20 minutes pour trouver le bus. Comme dans toute gare, la signalétique déroute plus qu’elle ne dirige… J’ai toujours l’impression que les gens qui posent ces panneaux sont eux mêmes atteints d’un syndrome de désorientation chronique . La meilleure boussole en ville, c’est l’épicier de nuit. Après un footing avec le sac de 16 Kilos je parviens à monter dans le bus à la minute près, le chauffeur me faisant grâce des 50Nok du ticket (Pour payer moins cher il faut acheter les tickets dans un kiosque et surtout pas dans le bus).

L’auberge de jeunesse, aussi immense que propre, a des allures d’hôpital. Extinction des feux à 1h00, mon train part le lendemain midi.

Retour à la gare centrale. Au supermarché, il me faut l’aide de la vendeuse pour réussir à déchiffrer les packagings et trouver un sandwich sans viande… ça s’annonce compliqué. Visiblement le mode d’alimentation végétarien, n’est pas populaire en Norvège. En attendant le train sur le quai, mon allure, seule avec ce gros sac, suscite déjà quelques questions. Un Américain, qui voyage avec sa femme, semble trouver l’initiative tout à fait curieuse…clairement, ça ne sera pas le dernier!

 

Sur les rails

Le trajet entre Oslo et Myrdal est magique. Sous un soleil de plomb, les paysages se succèdent sans se ressembler. Des forêts de conifères denses et vertigineuses dégringolent dans des lacs sans ride, de hauts plateaux battus par les vents, bordés de glaciers, la bande annonce qui défile est pleine de promesses. Mon voisin, lui, doit être sacrément habitué à tout ça au vu des décibels dégagés par sa fosse nasale. Peu importe, dans mes oreilles, Bashung couvre son ronron guttural à merveille. Le sentiment de liberté, celui d’être nulle part, seule, dans un train qui roule sans se soucier du reste.

 

Le trajet dure 5h00, j’arrive à Myrdal à 17h00. A 863 mètres d’altitude, aucune route n’est reliée à la station. Myrdal n’est desservie que par le train. Cette enclave bordée de montagnes parait irréelle au beau milieu du fantasme d’hyper-connexion actuel. Un sentier de randonnée peut vous conduire jusque Flåm à condition d’être sportif et bien équipé. Le temps de prendre un café et de marcher un peu autour de la station je monte dans le fameux Flåmsbana. Cette ligne singulière dévale les 20Km qui séparent Myrdal de Flåm en une heure. Sur 80% du trajet la pente est de 5.5%, il y a 20 tunnels dont un certain nombre à flanc de falaise. On mesure à peine la difficulté d’un tel chantier. L’intérieur du train fait remonter le temps. Celui-ci est d’ailleurs bien vide à cette heure et à cette saison, dans le wagon, nous ne sommes que 3. Un couple de Coréens tout sourire s’amuse de mon voyage en solitaire. Les échanges sont animés, drôles, improbables… Voyager seule ne laisse pas indifférent, je me sens un peu comme une pelure d’oignon passée au microscope par une classe de collégiens. Le train démarre, nous voilà toutes les 2 engluées aux vitres avec nos appareils photos, passant de droite à gauche sans gêner la foule présente, ce qui fait beaucoup rire le troisième protagoniste au style bien plus indolent. Les nombreux tunnels ont un côté frustrant…mais la Norvège c’est un pays de tunnels, ça fait partie du voyage. L’inaccessible reste inaccessible et c’est très bien comme ça. Les paysages sont superbes et la petite pause de 5min pour prendre l’air et admirer la cascade Kjosfossen est la bienvenue.

Pour ma part j’ai trouvé le trajet très sympa car le train était désert et que l’on pouvait y circuler sans problème pour observer les paysages des deux côtés. En plein période touristique, je ne le ferais sans doute pas. Pour autant, ce trajet m’est apparu moins spectaculaire que le Rauma railway (utilisé au cinéma dans le sixième tome d’Harry Potter).

Flåm est une petite station balnéaire qui, une fois vidée de son flot de touristes, laisse entrevoir la sérénité de la région mêlée à la rudesse des conditions de vie des premiers arrivants.  Le camping est tout proche de la gare. Depuis mon emplacement, je peux voir le train repartir entre les montagnes… Me voilà dans le vif du sujet, à la tombée du soir, mangeant une salade de patates au goût indéfinissable, assise devant ma tente, à l’air libre et frais de Norvège…

 

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